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  • : alain Callès
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  • : Publication d'articles sur différents thèmes (laïcité, droits de l'Homme, conduites addictives), de poésies dans des revues. Un livre "éclats de verre" paru chez l'éditeur belge Chloée des Lys. Sous forme d'un vrai-faux journal.

Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 22:48

PAYSAGE DE SCRUPULES

 

 

L'âme boitille, un petit cailloux dans la chaussure.

 

Et passe la mélancolie grise dans le ciel bas,

les mains honteuses dans des poches percées

d'où fuient et ruissellent des traînées d'espoirs.

 

Jambes s'écorchant de crampes

sur le bitume glacé et boueux,

des éclats de rire d'enfant

gisent dans les ornières.

 

« Ame, te souvient-il ? » du chat haut perché,

accoudé au bar du soleil bordant le bal

où dansent les désirs?

 

Une cicatrice dans la tête se love au creux

d'un endormissement marécageux,

picorée de mille dents acérées dans l'eau trouble

où s'étouffe la tendresse.

Par alain Callès
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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /2009 23:01
 

INTERVIEW


Des mots.

Que dire de plus

que ce qui est déjà écrit dans nos veines

d'où j'extirpe douloureusement mes mots.


Des mots.

Des mots pour la souffrance; des mots pour l'indicible.

Des mots posés comme une écharpe sur le cri

pour qu'il ne prenne pas froid.


Des mots vendus à la criée au bout de la jetée,

là où palpitent des navires prêts à fendre l 'écume

au dessus des abysses.


Des mots pour la tendresse dont nous habillons nos sourires édentés,

des mots pour la survie et l'amitié.

Des mots pour que l'espoir ne s'habille plus d'un préfixe.

Des mots pour le partage tranché avec le couteau de l'amitié.

Des mots pour ne plus surfer sur l'illusion du radieux à venir.

Des mots pour le rafiot que nous berçons en chantonnant.


Des mots pour la mort

qui habite les âmes des forçats de la sensibilité,

des mots poursuivis par la chaleur qui bouillonne

et étouffe les rêves d'enfants.

Des mots posés sur le vide,

des mots qui accrochent des regards émeraude

pour noyer la mer,

des mots qui cheminent sur le bord jamais recousu de la cicatrice,

des mots pour briser le silence

blanc comme le linceul des compagnons disparus,

ces forçats silencieux.


Des mots pour des futurs enfin inconditionnels,

des mots pour tendre des moignons d'espoir vers le soleil.


Des mots au rythme infernal de roulements de train

sur les rails des condamnés à la blanche,

des mots à l'arme blanche

pour supporter

la fraternité des fusillés fauchés en 36 en 36

et le coup de grâce aux trahis de 38

de 38


Des mots pour l'espoir espagnol

qui ploie sous la muleta,

Des mots pour l'attente de Manuel de Falla.


Des mots pour l'attente

du passeur, des mots

au delà du silence

du maquis nocturne,


Des mots comme des crochets de musique

suspendus aux étoiles de nos nuits.


Des mots pour l'intime, exposé, froid,

emmuré par l'insupportable des autres,

des mots écorchés aux fils barbelés des cicatrices,

des mots de désir échoués sur les récifs,

des mots comme des peaux retournées au bord salé

des larmes,

des mots brisants comme l'éclat de rire

d'une feuille d'humour glissée à la commissure des lèvres

d'une vague de désirs flottant mollement

sur les rides du temps.

Des mots pour la solitude qui navigue sur ses noyés,

des mots des soirs d'ivresse quand l'écume glisse entre les doigts

trop longs de l'âme fendue au dessus des abysses,

des mots à la marge pour les cormorans

qui courent après les notes du vent

et des corps mourants poursuivis par le cri du croque-notes.


Des mots pour des trous sans bord

des mots pour toi qui sait dans ta chair

la blessure du soleil

et le visage desquamé par l'acide,

des mots extirpés de la haine,

des mots contre le mortel ennui.


Des mots pour mettre des guirlandes au silence des taiseux,

vertige sans oubli du buveur d'âme

accroché au dessus du vif.


Des mots d'humour, éclats de survivre,

soupir du mourir.

Des mots pour teindre les poumons

des nuits brisées,

des mots pour la fraîcheur du crépuscule

qui fond sur le sable chaud.


Des mots pour survivre,

des mots de marge,

blottis entre cendres noires et braises rouges.

Par alain Callès
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Mardi 21 avril 2009 2 21 /04 /2009 22:53
 

LE SEL SUR LA CICATRICE DU BONHEUR

 

La ville rougit de ton odeur,

ton souvenir veille sur la treille

dans une amphore debout face au vent

chagrin glacé dans la solitude sang

du rêve noyé dans la Seine.

 

De la Bastille, pâle comme une vierge

dressée à la vision de la verge pourpre,

Sade étreint ton imaginaire sur l'écran

maculé de menstrues

pour peser l'angoisse de Dieu

qui se touche à l'abri des nuages.

 

Dans les bistrots, des femmes en noir,

le pagne sur les yeux,

occultent les palais de la secousse

et de la rescousse qui trébuchent

aux marches des banlieues en mai.

 

Le savoir de la mère se noie

au lavoir où pissent les chiens,

la tendresse des métaphores

enfilées au fil des dents peintes

s'alanguit, l'âme en vaguelettes

sur des chemises sans col à franchir

sans tranches de talents à affranchir,

le sel sur la cicatrice du bonheur.

 

Le sel sur la cicatrice du bonheur,

Qui donc nous rendra la matrice

et le moule mou de la moule

noyée dans les abysses de la mémoire

engloutie dans la boue noire.

 

Qui donc?

 

A nous les toiles sorties des cadres,

A nous, les mots en érection!

A nous, les étrangers de la pensée!

Aux mots, aux armes!!!

INSURRECTION !!

Par alain Callès
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Lundi 30 mars 2009 1 30 /03 /2009 11:20

Préface



Cher Lecteur, chère Lectrice...Attention!...

Ce livre est dangereux, plein de risques et périls.


L'alcoolique errant y est dépeint comme un forcené de la sensibilité.

Que devient cet être d'ombre, hurlant de délire et de souffrance quand il est guéri?

Mystère!...


Un homme solitaire, vibrant de révolte, éructant les mots marginaux de textes violents où le feu qui l'illumine brûle les sentiments.


Poète de la déchirure, il sublime la musique des consonnes, des voyelles, des phonèmes, des diphtongues.


Il y a « DADA »,

il y a le « SURRÉALISME »,

il y a le « SITUATIONNISME » qui tord le cou à la société du spectacle,

il y a le « LETTRISME »

et...

il y a les « TESSONS DE PROSE » et les « ÉCLATS DE VERRE » d'Alain Callès.

 

Claude Confortès

Paris le 10 novembre 2007

Par alain Callès
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Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /2009 23:29

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