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  • Publication d'articles sur différents thèmes, de poésies (notamment chez Le Nouvel Athanor). Un livre "éclats de verre" paru chez l'éditeur belge Chloée des Lys. Sous forme d'un vrai-faux journal. Porté en scène par Claude Confortès. Dive

Derniers Commentaires

Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 11:31

A l'heure bleue

la nuit sort de son lit,

le cri nu s'étire

au vent marin

et déchire le ressac du temps.

 

A l'heure bleue

le bec de la mouette

guette

les dents de pluie.

Par alain Callès
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Samedi 7 mai 2011 6 07 /05 /Mai /2011 09:30

Pour qu'il ne prenne pas froid,

couvrir tendrement d'une écharpe le cri,

cette écume de l'indicible par nuit tumultueuse.

Par alain Callès
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Samedi 23 avril 2011 6 23 /04 /Avr /2011 22:00

COLÈRE DE MAI

 

Une colère qui boursouffle la chape du conforme

sous laquelle bout l'âme des rêves jamais atteints

et, le 1er mai 1886 libère un sang rouge et noir

qui bat enfin aux portes de l'histoire.

 

Cette histoire des hommes déchaînés en flots

impétueux de guerre sociale et de fraternité,

pain tranché au couteau de l'amitié,

action directe où le poing levé est féminin,

la coupe partagée par des lèvres

qui susurrent déjà le temps des cerises,

celles qui tachent de sang les jabots fins

et dégorgent leur onctuosité rouge au fond des sillons.

 

Fleurs des champs pour des chants sans coq matinal,

pavés des villes qui piaillent à la gueule des morales enchristées

ces kystes comme un parasite qui ronge l'éphémère.

 

Fleurs d'hommes en coquelicot

qui moissonnent le blé levé,

et que germe le rouge et noir,

comme un habit sur nos idées

pour aller trinquer avec les dieux et la mort.

 

Fleurs de pavé pour des rivages qui vont à la mer,

des rivières de rêves qui remontent l'histoire des hommes,

cette histoire qu'on ne montre jamais,

celle qu'on caresse du bout de l'ongle

quand le rince-doigt est vide de sens,

celle qui est parure

dans les fables visqueuses du Tout Paris au Tout New-York

dans la solitude pressing du smoking Côte d'Azur

dans l'amidon bridé du col Mao.

 

Quand le bras levé sera débordé par les jambes en l'air,

alors la multitude de nos radeaux aura séché la misère

au caniveau moite des Présidents,

ces crustacés à la carapace décorée,

accrochés à leur rocher,

qu'on aura descendus comme des grains de raisin

sous la ligne de flottaison du boulevard Potemkine.

Anarchie et tendresse à l'écartèlement du cactus

dont les figues nous poussent comme un cri

à l'entrejambe.

 

A l'ombre rouillée du syndicat fidèle aux Joseph des siècles

poussera une histoire transsexuelle comme un boomerang.

A l'ombre de la cellule Tchernobyl,

avenue du littoral desquamé,

l'amour, enfin, est venu,

porté par une vague du Pacifique.

Le vent du 1er mai se lève

dans une nudité balnéaire.

 

Aux armes! les cormorans.

Des plénitudes écorchées nous attendent au delà

des corps mourants.

Déjà nous ouvrons les yeux du soleil,

des couleurs nous poussent au creux des mains,

des symphonies déboulent de nos dents

la soie crisse sur le sein tendu comme un poète.

 

Viens, jouis,

notre sang rouge et noir

bat aux tempes de l'histoire.

Par alain Callès
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Dimanche 5 décembre 2010 7 05 /12 /Déc /2010 18:31

 

Être ténu sur scène,

être nu qui saigne

sans sang dans la transparence du temps.

J'écoute couler ma cervelle

par la bouche.

J'écris son histoire sur du papier de verre.

Mots crissant de l'en-dedans des dents,

mots dont la tristesse s'est nourrie dès la sève du placenta.

 

Pour une voix chevrotante à fleur de peau,

frisson du murmure.

Pour ma voix qui crisse,

les abysses.

 

Poésie de chair accrochée aux as du poète

Personne ne m'a jamais dit combien le trottoir est dur;

j'ai appris tout seul à y glisser,

jambes flasques, jusqu'à ma flaque.

L'expérience de la glissade apprend à être modeste.

Le caniveau, cette école des bavards silencieux,

dont la margelle soutient le coude des forçats de la sensibilité

au bar du grand désir.

 

Cette parole qui gis

au fond de la gorge,

ces flots de sentiments qui fondent

dans les flux du magma intérieur.

 

Le rouge y est noir,

étalé sur une palette sans frontières

de mots aux couleurs désarticulées.

 

Au bout du micro,

la fulgurance des émotions,

éclair d'adrénaline pour un vol à l'étalage.

 

Sur scène,

déchirements sans âge

impossibles à colmater.

Fulgurances qui débordent,

que je ré-emborde sans cesse

comme le ressac de la mer

qui n'en finit jamais de vider son sac

comme on déverse des pluies de tristesse

dans mon âme déchirée sans fin.

 

Sur scène, à bord du spectacle,

l'indiscible pousse de toutes ses dents

l'enfance refoulée

à sortir par les brèches,

à s'en aller mourir

sur les barricades au précipice de la vie,

frontières de la mort

au bout de l'aiguille,

pointillés d'une symétrie enlisée à vie,

frontières figées dans le cri du silence,

la mort au bout du goulot.

 

Silence pulvérisé,

poussière d'émotions sans horizon,

l'indiscible déborde dans la surdité du monde

tournant sur lui-même,

toupie du temps,

vertige de la folie qui cherche des mots sans son

pour la plénitude de leur sens de sang.

 

Poings serrés sur les coups,

Cris serrés dans la gorge de l'enfant que je suis,

Folie ensanglantée aux portes du pouvoir,

folie incarcérée par la peur d'entendre

ses douleurs dans la voix des autres.

 

Folie incarnée dans une chair de nerfs,

folie aux paroles scies

pour déchirer la fibre du temps

qui défile devant le monument aux morts du spectacle.

Ce bout de rien érigé le temps d'une caméra

qui tourne le vide de corps creux

mâchonnant des cheeze-burgers en flattant

l'échine de vaches aux mamelles débordant

de vacuité.

 

Tous les samedis sont gris au bar du grand désir,

et coule ma cervelle par ma bouche.

Hoquets de fulgurances.

 

Par alain Callès
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Jeudi 29 juillet 2010 4 29 /07 /Juil /2010 11:21

 

DANS MON PETIT VILLAGE

 

 

Dans mon petit village,

des marins gravent sur les rochers

des coquillages qui sentent la braguette

et suent le fenouil.

 

Dans mon petit village des vagabonds des mers

échoués comme des étoiles,

les branches étalées à la brûlure du soleil,

s'habillent à l'abri des pinèdes

avec les rayons violets de la mélancolie.

 

Dans mon petit village,

la figue a la chair qui s'affaisse,

la nuit violette sent le coup de lune.

 

Dans mon petit village,

enterre-moi

à l'ombre fragile

d'une fleur de roche.

Par alain Callès
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