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  • alain Callès
  • Publication de livres. "éclats de verre" préfacé et porté en scène par Claude Confortès. "Lettres au plus proche du feu" préfacé par Didier Daeninckx et illustré par Claude Gaisne. Des articles sur différents thèmes, de poésies (notamment
  • Publication de livres. "éclats de verre" préfacé et porté en scène par Claude Confortès. "Lettres au plus proche du feu" préfacé par Didier Daeninckx et illustré par Claude Gaisne. Des articles sur différents thèmes, de poésies (notamment

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 12:27

~~ Mon texte "Les édentés" a suscité une réaction, en partie fondée, sur les causes médiatiques et commerciales, de la sortie de ce livre de vengeance d'une donzelle qui règle des comptes. Voici ma précision concernant la vivacité de ma réaction :

"T'as certainement raison concernant la donzelle et ses histoires de fesses aigries dont je me balance. Comme dirait Chirac, " quand ça m'en touche une, ça fait pas bouger l'autre. "

Mais les propos prêtés, qu'ils soient réels ou imaginaires, correspondent à ce que je ressens de décideurs politiques qui n'ont plus de prise dans un système qui s'éloigne de plus en plus de la démocratie**, avec d'un côté ceux qui sont aux manettes et jouent sous contrôle financier et, de l'autre côté, ceux dont la vie et l'espoir s'échappent de leurs mains comme de l'eau insaisissable. Leurs mains restent, inertes, mouillées du mépris.

Les blessures, les humiliations, les plus profondes de ma vie, sont celles où, gisant comme une flaque flasque sur le macadam, mon corps était contourné sans avoir été vu, sans un regard, comme un vide évité. Dans les groupes de parole, je reconnais aussi un alcoolo qui a eu un parcours "dense", à son absence de dents.

L'appareillage dentaire, pour ceux qui parviendront à se le payer, fait partie de la reconstruction de soi. Les autres garderont visibles la blessure de ce qu'ils furent et vécurent. Ils ne pourront jamais donner le change en société.

C'est parce que je sais cela au plus profond de mon corps que cette phrase, réelle ou prêtée, m'est allée droit dans les tripes et m'a révulsé.

Quand à la référence aux couilles, je l'ai faite pour emprunter au langage commun, et en particulier politique que j'ai côtoyé, mais cela ne me plait pas. Je l'ai ajouté après coup à mon coup de gueule. J'ai cédé à une faiblesse. Paf, je me mets une baffe pour m'y être abaissé.

A propos des édentés, je te joins un texte que j'ai écrit ou je mentionne les dents, nos dents pourries ou absentes (et publié dans mon dernier bouquin "Demain, nous lèverons le soleil à l'ouest", sur "les gens de peu". L'as-tu lu?). Je l'ai lu en scène avec un public de Vie Libre. L'air était à couper au couteau.

Le hollandebaffing ne m'intéresse guère, même si j'ai du mépris pour cette engeance, je l'avoue. Mais je sais où sont mes frères; ceux qui savent le fond, de toutes leurs tripes.

Et jusqu'à ma dernière goutte de sang, je lèverai toujours le poing contre le mépris des salopards qui s'essuient les pompes sur nos gueules.

Ma blessure saigne à vie.

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