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  • : Articles et poésies. Point de rencontre pour les amoureux des mots et de leurs couleurs.
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  • alain Callès
  • Publication de livres. "éclats de verre" préfacé et porté en scène par Claude Confortès. "Lettres au plus proche du feu" préfacé par Didier Daeninckx et illustré par Claude Gaisne. Des articles sur différents thèmes, de poésies (notamment
  • Publication de livres. "éclats de verre" préfacé et porté en scène par Claude Confortès. "Lettres au plus proche du feu" préfacé par Didier Daeninckx et illustré par Claude Gaisne. Des articles sur différents thèmes, de poésies (notamment

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 17:26

MES FRERES SONT CEUX QUI SAVENT DANS LEURS CHAIRS

MES FRERES SONT KURDES

Messieurs les gens de pouvoir,

Messieurs les puissants décideurs,

le rouge vous sied au teint :

c'est la couleur de la honte qui devrait empourprer votre visage,

quand la liberté meurt étranglée à Kobané

à l'ombre de votre silence complaisant.

Messieurs les gens de pouvoir,

entendez les cris étouffés de sang

des enfants kurdes égorgés

dans les rues de Kobané ?

Écoutez les larmes de ces femmes

fouettées, violées, échangées

pour le plaisir des guerriers.

Mes frères sont ceux qui savent dans leur chair

l'éclat du sabre qui s'abat sur le cou de l'ami.

Messieurs les gens de pouvoir,

resterez-vous silencieux quand dans les décombres de Kobané

séchera au soleil la matrice des femmes kurdes éventrées ?

Enverrez-vous vos télés faire frissonner d'horreur

sur le malheur dont vous êtes les pourvoyeurs ?

Mes frères sont ceux qui savent dans leur chair

le sang du père qui gicle sur l'enfant apeuré.

Messieurs les gens de pouvoir,

Vous vous taisez,

Vous laissez les Kurdes être écrasés

par les chars qu'ils affrontent,

et être poignardés dans le dos,

acculés à une frontière turque hermétique

à les soutenir et poreuse pour les barbares.

Messieurs les gens de pouvoir,

Vous savez et vous les abandonnez

à la mort, à la torture et à l'obscurantisme.

Mes frères sont ceux qui savent dans leur chair

le cri de l'enfant dont on égorge le frère

le regard hagard de l'enfant qui ne saura plus rêver.

Messieurs les gens de pouvoir,

de conférences en tables rondes

vous pérorez sur les malheurs du monde,

vous attendez dans vos salons climatisés

que la poussière et le silence recouvrent d'oubli

votre complaisance envers le sabre obscurantiste.

Mes frères sont ceux qui savent du plus profond de leur dignité

qu'ils meurent abattus par vos atermoiements.

Messieurs les gens de pouvoir,

l'espoir s'éteint à l'ombre des montagnes kurdes

et vos cerveaux sans mémoire

rotent des phrases aussi longues qu'inefficaces.

Vos mots sont englués,

Votre solidarité de papier se déchire à la lumière.

Vous êtes l'ankylose d'un monde nanti tourné sur son confort.

Vous usez des mots pour laver votre conscience

à la face des miroirs qui vous reflètent,

vous êtes du sang qui tache le triptyque

gravé au fronton de votre république.

Vos mots ont la couleur de la honte qui empourpre votre front

pendant que mes frères kurdes

étouffent sous le voile de votre complaisance,

écrasés par les chenilles des chars que vous avez vendus.

Et vous comptez vos cassettes d'intérêts pétrolifères

et vous calculez vos ventes d'hélicoptères.

Mes frères sont ceux qui savent dans leurs blessures

que vous avez vendu le fer qui tourmente leurs entrailles

Messieurs,

vous pouvez vous laver les mains,

écrire les journaux de vos exploits aériens,

filmer à distance vos bombes chirurgicales,

vous ne pourrez rien contre votre destin

lorsque l'histoire ouvrira votre procès

et que mes frères kurdes convoqueront

la mémoire de ceux qui n'ont jamais perdu leur dignité

et n'ont eu pour arme que l'étendard de la liberté

qu'ils lâchaient par rafales dans le ciel étoilé.

Mes frères sont ceux qui savent dans leur idéal

que la trahison se masque d'un voile de boniments

Messieurs les gens de pouvoir,

souvenez-vous de ces socialistes français

qui abandonnèrent les Républicains espagnols

à la torture de Franco la Muerte à l'ombre des Pyrénées.

Messieurs les gens de pouvoir,

n'entendez-vous pas la mort qui suinte

dans le silence qui monte des saz ?

Mes frères sont ceux qui savent depuis un siècle

que leur terre est distribuée au plus offrant,

que leur culture est rejetée vers le néant.

Mes frères sont ces Kurdes errants,

ou enracinés au Kurdistan.

Messieurs les gens de pouvoir,

Ne répétez pas les compromissions

qui font la honte des peuples

ayant manqué à la solidarité et à la fraternité.

Messieurs les gens de pouvoir,

d'ici et d'ailleurs,

je refuse d'être de votre monde.

Un jour viendra où les montagnes seront couvertes

de Berfin épanouies au soleil,

le jour s'approche où les ruisseaux murmureront

la résistance victorieuse dans la plaine.

Ce jour-là, les enfants de Kobané

chanteront sur le chemin des écoliers ;

la femme sera la liberté secrète du jardin

Kadim ozgürlugun gizli bahcesidir.

A Kobané et ailleurs,

Mes frères savent dans leurs chairs,

Mes frères sont kurdes.

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