Partager l'article ! TÉNU SUR SCÈNE: Être ténu sur scène, être nu qui saigne sans sang dans la transparence du temps. ...
Être ténu sur scène,
être nu qui saigne
sans sang dans la transparence du temps.
J'écoute couler ma cervelle
par la bouche.
J'écris son histoire sur du papier de verre.
Mots crissant de l'en-dedans des dents,
mots dont la tristesse s'est nourrie dès la sève du placenta.
Pour une voix chevrotante à fleur de peau,
frisson du murmure.
Pour ma voix qui crisse,
les abysses.
Poésie de chair accrochée aux as du poète
Personne ne m'a jamais dit combien le trottoir est dur;
j'ai appris tout seul à y glisser,
jambes flasques, jusqu'à ma flaque.
L'expérience de la glissade apprend à être modeste.
Le caniveau, cette école des bavards silencieux,
dont la margelle soutient le coude des forçats de la sensibilité
au bar du grand désir.
Cette parole qui gis
au fond de la gorge,
ces flots de sentiments qui fondent
dans les flux du magma intérieur.
Le rouge y est noir,
étalé sur une palette sans frontières
de mots aux couleurs désarticulées.
Au bout du micro,
la fulgurance des émotions,
éclair d'adrénaline pour un vol à l'étalage.
Sur scène,
déchirements sans âge
impossibles à colmater.
Fulgurances qui débordent,
que je ré-emborde sans cesse
comme le ressac de la mer
qui n'en finit jamais de vider son sac
comme on déverse des pluies de tristesse
dans mon âme déchirée sans fin.
Sur scène, à bord du spectacle,
l'indiscible pousse de toutes ses dents
l'enfance refoulée
à sortir par les brèches,
à s'en aller mourir
sur les barricades au précipice de la vie,
frontières de la mort
au bout de l'aiguille,
pointillés d'une symétrie enlisée à vie,
frontières figées dans le cri du silence,
la mort au bout du goulot.
Silence pulvérisé,
poussière d'émotions sans horizon,
l'indiscible déborde dans la surdité du monde
tournant sur lui-même,
toupie du temps,
vertige de la folie qui cherche des mots sans son
pour la plénitude de leur sens de sang.
Poings serrés sur les coups,
Cris serrés dans la gorge de l'enfant que je suis,
Folie ensanglantée aux portes du pouvoir,
folie incarcérée par la peur d'entendre
ses douleurs dans la voix des autres.
Folie incarnée dans une chair de nerfs,
folie aux paroles scies
pour déchirer la fibre du temps
qui défile devant le monument aux morts du spectacle.
Ce bout de rien érigé le temps d'une caméra
qui tourne le vide de corps creux
mâchonnant des cheeze-burgers en flattant
l'échine de vaches aux mamelles débordant
de vacuité.
Tous les samedis sont gris au bar du grand désir,
et coule ma cervelle par ma bouche.
Hoquets de fulgurances.
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