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  • : Le blog de alain callès
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  • : Articles et poésies. Point de rencontre pour les amoureux des mots et de leurs couleurs.
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  • alain Callès
  • Publication de livres. "éclats de verre" préfacé et porté en scène par Claude Confortès. "Lettres au plus proche du feu" préfacé par Didier Daeninckx et illustré par Claude Gaisne. Des articles sur différents thèmes, de poésies (notamment
  • Publication de livres. "éclats de verre" préfacé et porté en scène par Claude Confortès. "Lettres au plus proche du feu" préfacé par Didier Daeninckx et illustré par Claude Gaisne. Des articles sur différents thèmes, de poésies (notamment

alaincalles

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 18:31

 

Être ténu sur scène,

être nu qui saigne

sans sang dans la transparence du temps.

J'écoute couler ma cervelle

par la bouche.

J'écris son histoire sur du papier de verre.

Mots crissant de l'en-dedans des dents,

mots dont la tristesse s'est nourrie dès la sève du placenta.

 

Pour une voix chevrotante à fleur de peau,

frisson du murmure.

Pour ma voix qui crisse,

les abysses.

 

Poésie de chair accrochée aux as du poète

Personne ne m'a jamais dit combien le trottoir est dur;

j'ai appris tout seul à y glisser,

jambes flasques, jusqu'à ma flaque.

L'expérience de la glissade apprend à être modeste.

Le caniveau, cette école des bavards silencieux,

dont la margelle soutient le coude des forçats de la sensibilité

au bar du grand désir.

 

Cette parole qui gis

au fond de la gorge,

ces flots de sentiments qui fondent

dans les flux du magma intérieur.

 

Le rouge y est noir,

étalé sur une palette sans frontières

de mots aux couleurs désarticulées.

 

Au bout du micro,

la fulgurance des émotions,

éclair d'adrénaline pour un vol à l'étalage.

 

Sur scène,

déchirements sans âge

impossibles à colmater.

Fulgurances qui débordent,

que je ré-emborde sans cesse

comme le ressac de la mer

qui n'en finit jamais de vider son sac

comme on déverse des pluies de tristesse

dans mon âme déchirée sans fin.

 

Sur scène, à bord du spectacle,

l'indiscible pousse de toutes ses dents

l'enfance refoulée

à sortir par les brèches,

à s'en aller mourir

sur les barricades au précipice de la vie,

frontières de la mort

au bout de l'aiguille,

pointillés d'une symétrie enlisée à vie,

frontières figées dans le cri du silence,

la mort au bout du goulot.

 

Silence pulvérisé,

poussière d'émotions sans horizon,

l'indiscible déborde dans la surdité du monde

tournant sur lui-même,

toupie du temps,

vertige de la folie qui cherche des mots sans son

pour la plénitude de leur sens de sang.

 

Poings serrés sur les coups,

Cris serrés dans la gorge de l'enfant que je suis,

Folie ensanglantée aux portes du pouvoir,

folie incarcérée par la peur d'entendre

ses douleurs dans la voix des autres.

 

Folie incarnée dans une chair de nerfs,

folie aux paroles scies

pour déchirer la fibre du temps

qui défile devant le monument aux morts du spectacle.

Ce bout de rien érigé le temps d'une caméra

qui tourne le vide de corps creux

mâchonnant des cheeze-burgers en flattant

l'échine de vaches aux mamelles débordant

de vacuité.

 

Tous les samedis sont gris au bar du grand désir,

et coule ma cervelle par ma bouche.

Hoquets de fulgurances.

 

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commentaires

Elisa Romain 22/09/2012 10:46

J'aime beaucoup le choix des mots, les images qui en découlent et la liberté du poème.

Belle continuation .

carine-Laure Desguin 14/02/2011 20:49


Que de mots forts emportés par des phrases qui nous emportent !