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  • : Le blog de alain callès
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  • : Articles et poésies. Point de rencontre pour les amoureux des mots et de leurs couleurs.
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  • alain Callès
  • Publication de livres. "éclats de verre" préfacé et porté en scène par Claude Confortès. "Lettres au plus proche du feu" préfacé par Didier Daeninckx et illustré par Claude Gaisne. Des articles sur différents thèmes, de poésies (notamment
  • Publication de livres. "éclats de verre" préfacé et porté en scène par Claude Confortès. "Lettres au plus proche du feu" préfacé par Didier Daeninckx et illustré par Claude Gaisne. Des articles sur différents thèmes, de poésies (notamment

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RÊVE PRINTANIER

 

 

 

En effleurant tes seins d'une main légère, tu fais souvent ce rêve étrange et pénétrant d'un arbre où poussent des bites. Arbre touffu aux branches lourdement chargées de verges épanouies. Tous ces fruits tournés vers toi, te désirant, tendus vers ton regard comme des fleurs de marronnier érigées vers le soleil.

 

De forme diverses et variées, chacune cherche à se mettre en valeur, espérant l'effleurement d'un doigt, la proximité de ton visage qui la hume. Bites que tu gouttes d'un petit coup de langue, fruits que tu soupèses comme un pendant de cerises avant de l'installer en balancier à ton oreille : je t'aime un peu, beaucoup, passionnément et de toutes mes dents! Sexe gonflé du jus du désir qui attend avec impatience la délivrance de la fraîcheur de ta bouche.

 

Et tu tournes autour de l'arbre, gazouillant, balançant les hanches d'un mouvement espiègle, frottant délicatement d'un téton hasardeux le duveté de la peau de quelques gousses au bord de l'éclatement, gonflés de la plénitude de leur maturité. Ton souffle provoque des frissons sur ces chairs étalées à la concupiscence d'un soleil aux rayons ardents.

 

Tu te lèves très tôt le matin pour te promener dans ton verger où perlent quelques gouttes de rosée. La brume prend des poses évanescentes sur les fruits, tes fruits, comme une mousseline de gaze autour du corps dansant d'une vipère lubrique. Tu frissonnes chaque matin à l'observation de ces drupes pulpeuses qui s'éveillent, de leur peau tendue pour contenir des graines prêtes à jaillir comme un feu d'artifices, fusées brillant de mille éclats disposées au sacrifice d' un spectacle unique dans une nuit estivale.

D'un battement de cil, tu réveilles leur verdeur qui dresse à nouveau la tête, fruits prêts à bondir dans les cieux. Au fond du verger, quelques baies isolées restent sans éclats, râpachinés sur leur honte, séchées sur leurs flétrissures. Tu les négliges et les abandonnes à leur solitude.

D'un ongle taquin tu caresses quelques grappes pleines de l'espoir d'être cueillies, chacune couvant le rêve doux et secret d'être l'élue délicatement posée au creux de la paume de ta main. Tu la fais tourner sur sa queue pour tester si elle sera celle chargée d'assouvir ta gourmandise, ta bouche comme un anneau scellant son apothéose et sa perdition, engloutie dans les affres des tumultes amoureux.

 

Quelle que soit la saison, quand des inconnus te prennent et que des mains avides te parcourent et te fouillent, quand leurs vigueurs emplissent tes orifices tournés vers la plénitude du vide comblé, alors, dans cette salle obscure où tu te laisses aller à leurs désirs, tu fermes les yeux et plonges dans ton rêve printanier et familier.

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